Origine et histoire du Musée de Borda
Le musée de Borda trouve son origine en 1807, lorsque la municipalité de Dax acquiert le cabinet de curiosités du naturaliste et géologue Jacques-François de Borda d'Oro. Installé dans l’ancienne chapelle des Carmes (fondée en 1523 et transformée en prison sous la Terreur), ce cabinet devient un musée municipal enrichi par des dons d’objets archéologiques, historiques et artistiques. La Société de Borda en assure la gestion à partir de 1876, tandis que des figures locales, comme le maire Raphaël Milliès-Lacroix, y contribuent avec des pièces ethnographiques africaines et asiatiques, issues de ses voyages coloniaux entre 1906 et 1909.
Les collections s’étoffent au fil des siècles grâce à des fouilles archéologiques locales, notamment gallo-romaines (comme le trésor des halles découvert en 1982, incluant une statue de Mercure du Ier siècle) et préhistoriques (outils de la grotte du Pape à Brassempouy). Le musée conserve aussi des instruments scientifiques liés à Jean-Charles de Borda, cousin de Jacques-François, ainsi que des herbiers historiques, dont celui de Jean Thore, témoignant de la flore landaise avant le boisement massif du XIXe siècle. Les œuvres d’artistes gascons, comme Alexis Lizal ou Léon Gischia, complètent cet ensemble éclectique.
Le musée connaît plusieurs déménagements et inondations, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1982, le département des Landes en prend le contrôle, y intégrant des peintures de peintres landais. Depuis 1996, la ville de Dax en assure à nouveau la gestion. Après une rénovation majeure entre 2021 et 2024 (coût : 1 million d’euros), financée avec l’aide de la Fondation du patrimoine, le musée rouvre en septembre 2024. Ses expositions temporaires, comme l’hommage à Alexis Lizal en 2015-2016, mettent en valeur le patrimoine local.
Les collections ethnographiques illustrent quatre thèmes : la ruralité landaise (outils agricoles, artisanat), le thermalisme dacquois (archives des établissements du XIXe siècle), la culture taurine (corrida, course landaise) et les arts africains/asiatiques, avec des masques Gèlèdé yoruba comme pièces maîtresses. Le musée allie ainsi patrimoine régional et ouvertures internationales, tout en préservant des fonds archéologiques et scientifiques uniques.
Classé Musée de France, l’établissement joue un rôle clé dans la valorisation de l’histoire des Landes, de la Préhistoire à l’époque contemporaine. Ses partenariats avec les archives départementales (numérisation des herbiers) et ses acquisitions récentes, comme les objets du forum romain d’Aquae Tarbellicae, en font un lieu incontournable pour comprendre l’évolution culturelle et scientifique du sud-ouest aquitain.